• 1er anniversaire de la mort de Daniel Bensaid, mardi 12 janvier 2010. Le jour même à 17h08, Jean-François Vilar envoie sur le site militant Bellaciao un mail d'adieu :

    "Salut Daniel, Salut Jebracq,

    Pendant combien de décennies, déjà, avons-nous tenté d’aider la Taupe à creuser ? Quelle que soit la manière dont on le mène, le combat sans toi va être encore beaucoup plus dur.

    Pensées solidaires à S., bien sûr.

    Fraternelles salutations communistes

    Jean-François Vilar"

    Ceci est à ce jour la plus récente expression publique de JFV, la seule de l'année 2010.

     


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  • Parmi les auteurs de romans noirs apparus depuis 1968, Jean-François Vilar est le romancier de la ville de Paris (Léo Malet l'avait précédé). Victor Blainville, son personnage, rechigne à quitter la capitale, son canal St Martin, ses chats et ses mystères (de Paris). Cependant il explique dans une citation que nous finirons bien par retrouver (!?) qu'il n'est pas bon bec que de Paris, mais que seules les villes comportant des passages secrets méritent le nom de ville. Et à ce titre, il daigne s'aventurer à Venise... et à Prague.

    Après Paris, Prague est la grande ville aimée par JFV. Il l'évoque une première fois en 1984 dans Etat d'urgence (qui se passe à Venise). Le narrateur, Adrien Leck, cinéaste ami de Victor, se souvient de sa rencontre à Prague avec la comédienne tchèque Sarah Stroblh, sur le pont Charles.

    Mais c'est à partir de 1991 que Prague commence à occuper une place aussi importante que Paris dans l'oeuvre de JFV. D'abord, dans La ville est un roman, un étrange objet éditorial composé de 3 portfolios, publié par Denoël, on trouve une nouvelle de JFV intitulée Le réveil du Golem, qui se passe à l'ombre de la vieille synagogue. On trouve aussi dans ce recueil un article historique intitulé Le procès d'Arthur L., qui évoque le procès d'Arthur London à Praque en 1952 ; cet article présente la particularité d'être signé "de notre correspondant à Bruxelles, E. Fried" ! Quand on sait qu'Eugen Fried (alias Clément) fut le correspondant du Komintern à Bruxelles, il y a de quoi s'interroger... (mais nous reparlerons de Fried)

    En 1992, JFV publie une variation holmesienne à partir de la nouvelle de Conan Doyle Un scandale en Bohème, Sherlock Holmes et les ombres, qui se déroule entre Londres et Prague.

    En 1993 parait Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués. L'action se déroule à Paris en novembre 1989, et Victor rencontre une journaliste tchèque, Solveig (c'est un faux nom - c'est peut-être une fausse journaliste ?) et suit de loin les événements qui secouent alors le bloc de l'Est dont la Tchécoslovaquie. A la fin, il quitte Paris (définitivement ?) et le roman se termine à Prague où Victor trouve les réponses aux mystères auxquels il était confronté, et peut-être d'autres réponses encore...

    En octobre 1993, dans un petit recueil publié par la librairie La Terrasse de Gutenberg pour son 10ème anniversaire, JFV nous donne une nouvelle, Rue de Prague, où il nous donne des nouvelles de Victor qui envoie des cartes et des lettres à la librairie en les adressant volontairement rue de Prague (à l'angle de laquelle se situe certes la librairie, mais alors que l'adresse postale officielle est rue Emilio Castelar).

    En 1994, JFV est interrogé par Pierre-André Sauvageot dans le documentaire vidéo 95% de réel, entre Paris et Prague, tandis qu'il travaille à la rédaction d'un roman qui n'a jamais été publié, et dont l'action se situe principalement à Praque, entre la rue de Paris et le camp d'extermination de Terezin. C'est à ce moment et dans ces lieux que l'on perd la trace de Victor B...

    JFV, lui, donnera encore de ses nouvelles pragoises en 2002, en conseillant aux auditeurs de Radio Prague comme lui la lecture d'un roman tchèque qui venait d'être traduit en français : Docteur Braun, derniers jours, de Hana Belohradska (HB éditions).

     


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  • En écrivant le post précédent, une question nous a brusquement traversé l'esprit : "La Capitale" était-il vraiment le nom du café qui faisait l'angle du quai de Jemmapes et de la rue du Faubourg du Temple avant qu'il ne soit remplacé par un MacDo ? La Capitale étant par ailleurs le nom du journal dans lequel écrivait Jérome Fandor, on peut légitimement se poser la question.

    Affaire à suivre...

     


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  • Nous pourrions commencer par une carte. Une carte comme celles que JFV a "établies" pour Tango n°4-5 avec photos détourées, tickets de caisse de café, billet de théatre, extraits de textes surréalistes, images de feuilletons belle époque, collage et trouvailles, adresses de divers lieux du crime et autres ébats passionnels. Une carte sur laquelle nous aurions pu placer des têtes d'épingles aux endroits marquants de la vie de Victor Blainville. Oui ce serait tentant mais encore un peu tôt, car sur cette carte qu'aurions-nous à y mettre avec certitude ? Un lieu initial, une adresse précise d'où partiraient nos flâneries : 38 Quai de Jemmapes, 75010 Paris, là où habite Victor Blainville (il y vivait encore en décembre 1989, depuis on l'aurait croisé à Prague et ailleurs mais sait-on s'il n'est pas toujours tapi dans sa tanière...?) 

    Ouais pas trop mal comme lieu de départ... sauf qu'à regarder de près les bouquins de JFV on n'est sûr de rien, lisez plutôt : dans C'est toujours les autres qui meurent, l'adresse exacte n'est pas mentionnée, Victor y habite Quai de Jemmapes au quatrième étage. Dans les romans suivants il descendra quelques marches, habitera au troisième mais achètera le quatrième pour y faire son labo photo. C'est dans Bastille Tango qu'on découvre qu'il s'agit du numéro 38. Nous nous le tenons pour dit et jetons non sans connivence un coup d'oeil en passant aux troisième et quatrième étages de cet immeuble cossu. Sauf que...

    Sauf qu'au début de Nous cheminons..., il est question de pas : de 14 exactement, les 14 pas nécessaires pour couvrir la distance entre l'entrée du bar "la Capitale" et la porte de l'immeuble de Victor. 14 pas qu'il est trop tentant de faire, mine de rien, entre le Macdo ayant remplacé le bistrot (en décembre 1989, si on en croit Victor à la fin de Nous cheminons...)  et... le numéro 36 ? ...une porte de différence, trois fois rien, une légère incertitude et nous voilà dès le départ à douter des cartes, des plans, de la ville, des romans, de la longueur des pas, du réel, des pas de côté et tutti quanti.

    Il ne nous reste plus qu'à vérifier dans quel immeuble il y a bien une boîte aux lettres au nom de Victor Blainville, un recoin sous l'escalier près d'un minuscule cagibi, une odeur de cire Johnson dans l'escalier, des degrés grinçants et surtout une ampoule grillée au 1er étage...

    affaire à suivre...

     


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