• Fort des Halles ou Fort Apache...

    Au début de C'est toujours les autres qui meurent, Victor descend en bicyclette "aux Halles qui, comme chacun sait, n'existent plus. Plus de pavillons, plus de criée, plus de forts, plus de folklore, même plus de trou".

    L'action du roman se situe en juin 1981. Victor décrit "ce quartier informe, son bordel permanent, le vacarme des bulls et des caterpillars, l'horreur du Forum, l'énorme blague du reliquat de trou avec son eau verdâtre qui stagne au pied de la Bourse du commerce".

    Il faut dire que depuis 1977-1979 une gare RER et le Forum des Halles ont recouvert une grande partie de l'immense chantier commencé en 1971.

    Dans Paris la nuit, écrit en 1982, JF Vilar précise : "Certes, dans le genre "trou", on est loin de l'ancêtre : celui qui succéda à la destruction des "parapluies" de Baltard était gigantesque". Le fameux "trou des Halles".

    "Il n'y avait qu'à franchir la palissade. On dégringolait prudemment les éboulis, on évitait les épaves, on contournait les machines tapies dans la pénombre. En bas, c'était le chaos. Comme si les fortifs de la belle époque ressuscitaient : une zone indistincte et floue, non plus à la périphérie honteuse, mais dans la fibre même de la cité.

    Le ron-ron de la nuit programmée : bistrots, boîtes et studios galants (mais à cette époque, les bons vieux hôtels de passe l'emportaient encore largement, rue Saint-Denis), tout cela était loin : en haut, ailleurs. En bas, plus rien n'était repérable et tout était possible pour quelques heures obscures : une rencontre bouleversante, l'amour, un mauvais coup. Ou rien. Rien, bien sûr, la plupart du temps."

    "Un cinéaste italien imagina d'y rejouer la conquète de l'Ouest", raconte encore JFV dans Paris la nuit. Le cinéaste s'appelait Marco Ferreri, le film Touche pas à la femme blanche. Western plus parodique que spaghetti. Eté 1973, le "trou" à son apogée. Plus de 10 hectares de terre retournée. Quand la poussière soulevée par les colonnes de chevaux retombe, ou derrière les gros plans sur les personnages principaux du film, on aperçoit des maisons qui ne sont pas typiques des villes du Nouveau-Mexique.

     


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