• Mardi 8 février 2011 : Charonne

    49ème anniversaire de la manifestation appelée par le PCF, le PSU, le Mouvement de la paix, la CGT, la CFTC, l'UNEF, le SGEN, la FEN et le SNI, contre les attentats de l'OAS et pour la paix en Algérie, jeudi 8 février 1962. Cette manif interdite par la préfecture de police, sera réprimée dans le sang, notamment au métro Charonne, où il y aura 8 (ou 9) morts.

    "Oui, Charonne était une date importante. Ma première manif. Le rendez-vous était devant le cinéma Lux. Mon père me tenait la main. Il n'allait jamais aux manifs. Celle-là, il m'avait dit qu'il fallait. J'avais dit (bon sang, j'étais un gosse) emmène-moi. Il avait répondu : d'accord. Avec un ton un peu grave. Nous étions loin de la station de métro, quand il y avait eu la charge. Très loin. Il avait quand même fallu se réfugier sous une porte cochère, rue de Montreuil, pour se protéger des flics déchaînés. Je n'avais pas eu peur. Cette absence de peur était même mon souvenir intime le plus précis. Avec ce sentimant d'être démuni, de n'avoir rien en main, et pourquoi pas des armes, puisque les autres en avaient." (Bastille Tango, chapitre "Cour de février", situé en février 1985)

    Le souvenir remonte donc à Victor à l'occasion du 23ème anniversaire de la manif. Victor n'avait pas encore 15 ans. C'est aussi une des rares fois (la seule ?) où il évoque son père, l'adulte important de son enfance ayant semble-t-il été plutôt sa grand-mère (Nous en reparlerons...).

    Cet événement a marqué tous les contemporains, et par exemple, dans un livre sorti récemment, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux, qui se situe dans des lieux presque "vilariens" (Cité Crussol, Cirque d'hiver, "chez Victor" au fond de l'impasse Compans...), Robert Bober évoque cet événement, ainsi que la manif qui a suivi pour les obsèques des victimes, le mardi 13 février 1962 : "Les premiers rangs de la foule avaient atteint le Père-Lachaise avant que les derniers, au-delà de la République, aient pu se mettre en marche. Paris n'avait pas vu un tel cortège depuis des années. Combien étaient-ils, ces hommes et ces femmes, agglutinés dans la lente montée de l'avenue de la République, suivant les obsèques des huit manifestants tués le 8 février?"

    Le narrateur évoque aussi ces vieux juifs communistes rescapés des camps d'extermination, qui défilent pour dénoncer le fascisme de l'OAS et la répression de la police française : "Des déportés ont remis leur pyjama rayé d'il y a vingt ans. L'étoffe est délavée, fanée, grise comme celle d'un vieux drapeau."

    Une scène totalement incroyable pour nous aujourd'hui !

     


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