• Vendredi 13 mai 2011

    Vendredi 13, c'est le titre français d'un roman noir de David Goodis. Dans la nouvelle En rade, Vilar écrit en parlant de Dominique, le bouquiniste du coin : "La météo du jour lui rappelait les premières pages de Vendredi 13 (...) Dominique but sa bière à petites gorgées tout en fixant la fille. Ses cheveux pas trop bien peignés, son teint blafard, cette ride et l'imperméable trop ample. - Goodis, répéta-t-il".

    Vendredi 13, c'était une revue, aussi. Dans le 7ème épisode de Paris d'octobre publié le mardi 8 octobre 1985 dans Le Matin, Victor B trouve dans son courrier "la dernière livraison du très chic bulletin Vendredi 13".

    Revue fictive ou réelle ? Dans Mystères 86, anthologie de Jacques Baudou où figure une nouvelle de JF Vilar, Ecran blanc, nuits noires, la notice biographique assez précise se termine par "Ajouterons-nous qu'il est l'un des piliers d'une très curieuse petite revue : Vendredi 13 ?"

    A la Bilipo (Bibliothèque des Littératures Policières, 48-50 rue du Cardinal-Lemoine, Paris 5e), le bibliothécaire tente pour nous une recherche et déniche 2 petits objets, tirés du legs des archives de Michel Lebrun.

    Format 15 x 10,5 cm, c'est-à-dire des feuilles A4 coupées en 2 puis pliées. Le numéro du 2 décembre 86 est coupé dans la longueur et crée donc un format à l'italienne, le numéro du vendredi 13 mars 87 est coupé dans la largeur. Les numéros sont datés mais non numérotés. Les collaborateurs sont anonymes ou sous pseudo.

    Lectures au passage

    Le numéro du 2 décembre 86 comprend 12 pages. Son contenu : un récit d'Hérodote. La présentation est signée Paul Dugland.

    Lectures au passage

    Le numéro du vendredi 13 mars 87 comprend 16 pages. Il est anonyme mais il porte (au moins en partie) la marque de Vilar. La couverture est une copie/détournement du "n° XIII de 391", la revue de Picabia. Son contenu : des extraits de journaux d'écrivains ou d'articles de presse parus des vendredis 13 (d'un reportage paru dans le Gaulois le vendredi 13 juillet 1888 à un article du Monde du vendredi 13 août 1976, en passant par des extraits des journaux de Jules Renard ou d'Anais Nin). La page 15 relate un "souper-débat du groupe Vendredi 13" tenu le vendredi 13 février 1987 (1 mois avant la parution de ce numéro). Le lieu : " "Bois vins charbons" 8 rue de la Main d'Or, Paris XIe". Nous ne résistons pas à en citer un extrait : "Deux soupeurs évoquent l'accession de Jean-François Vilar à la présidence d'une association ("de malfaiteurs", souffle un absent). C'est alors que le mot "salaud" jaillit d'un plateau de fromages savamment architecturé. Stupeur. Consternation. Soulagement : il fallait entendre "sale haut" par référence à Marcel Duchamp, alias "marchand du sel" à qui le président (donc) Vilar doit rendre hommage, bientôt." La chronique est signée "Zig et Puce, 30 rue Bouret, Paris 19e". C'est l'adresse de la librairie Puce, de Dominique Lattron, que nous avons déjà évoqué. Il y a la photo des 2 chroniqueurs (on y reconnait Kafka et Hammett). Bien entendu, l'association dont JFV accède à la présidence était 813 (de janvier à octobre 87).

    Le bibliothécaire nous apprend qu'un Pierre David a animé de nombreuses revues peu conformes - Paul Dugland est sans doute son pseudo.

    Collaborateurs de Vendredi 13, donc : Pierre David, Dominique Lattron, JF Vilar. Qui d'autre ? Combien de numéros parus, de quand à quand ? Nos recherches continuent...

     


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