• Zoo Project in memoriam

    Les murs sont vivants. Les murs des villes. J'aimerais qu'ils le soient plus encore. Saturés de mots de luttes, de regards, d'invites aux désirs, à la révolte. Je rêve d'y découvrir un matin des textes hallucinés, des écritures belles et fiévreuses graffées dans la nuit. Je vois des mains inconnues me glissant entre les doigts des papiers pliés, des adresses, des lieux de rendez-vous. Je sais qu'à l'avenir nous nous retrouverons devant certains murs bien précis. Ceux sur lesquels Zoo Project a peint des personnages hybrides, des géants mythologiques, des corps morcelés par le capitalisme.

    Zoo Project in memoriam(rue Jean Moinon, Paris 10e, 2011)

    Ceux sur lesquels il a peint lorsqu'il était encore à Paris, avant son départ pour la Tunisie, avant de mourir tué par balle dans un de ces nombreux lieux désaffectés de Detroit. Detroit, cité fantôme, ville ou il espérait que quelque chose soit en train de se produire. Enfin.

    En bas de chez moi il y a un corps en combustion.

    Zoo Project in memoriam

    (99 rue Buzenval, Paris 20e, avril 2010)

    Un de ces premiers Zoo Project que j'avais repéré dans le quartier. Peint sur un des murs d'un immeuble à détruire. En sursis.

    Je ne veux pas voir la destruction de ses œuvres. Je ne veux pas voir les murs tomber.

    Cartographions.

    Les minotaures, les hybrides à tête d'oiseaux. Passons-nous le mot : retrouvons-nous au cours de nos nuits rebelles. Prenons ces corps comme repaires. Comme point d'appui de nos révoltes. Comme commencement.

    Gardons les murs vivants.

     


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